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SANTE - BIEN-ETRE
La diététique selon les principes de la médecine chinoise
Après avoir abordé les spécificités des saisons au travers de la diététique chinoise et en été dernier comment les aliments peuvent nous apporter leur Jing (essence) : qualité des aliments, type de préparation et mode de cuisson. Le thème de ce 22 novembre 2009 est les règles et principes de diététique chinoise.
Je rappelle que la médecine traditionnelle chinoise est basée sur la prévention et qu’à ce titre l’alimentation joue un rôle capital et aussi que lorsqu’une personne consulte un médecin chinois, il est susceptible de recevoir des consignes alimentaires considérées comme un soin à part entière, tout comme l’acupuncture ou la phytothérapie.
Selon la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), l’alimentation mal gérée est une cause de maladie au même titre que le surmenage, les parasites, les traumatismes, une constitution faible, des perturbations émotionnelles ou d’autres causes externes…
Ce qui signifie que toutes les erreurs d’hygiène alimentaire apparemment anodines peuvent avec le temps et la répétition occasionner un vide de l’énergie de la rate, à l’origine de troubles digestifs causes de pathologies diverses de type : allergie, asthénie, maladies auto-immunes ou de dégénérescence… "Une mauvaise alimentation est donc mauvaise pour la santé".
Pour nous aider à prendre soin de nous, la diététique chinoise propose des grands principes d’hygiène alimentaire très simples (pas forcément tous simples à appliquer) nous permettant d’améliorer ou de préserver notre santé en prévention. Je vous propose de vous les exposer, sachant que ces principes généraux sont toujours à adapter selon ses possibilités, contraintes, priorités, affinités ou tolérances personnelles…
NB : En cas de pathologies, cette introduction à la diététique chinoise est totalement insuffisante et la consultation d’un praticien de santé est indispensable.

Constat : comment mangeons-nous en général aujourd’hui ici ? (brainstorming avec le groupe)

Trop vite
Sans mâcher
En faisant autre chose, sans conscience
A des heures irrégulières
Dans le bruit, le stress
Devant la télévision, en lisant le journal

Tous ces points favorisent la mal digestion ou l’indigestion chronique
En réponse, quels sont les 9 principes fondamentaux soulignés par la diététique chinoise concernant la relation à la nourriture : les principes du "savoir manger" ?
1 MODERATION
Rappel : Pour favoriser le travail stomacal, la diététique chinoise propose de respecter les proportions suivantes :
• 1 part de vide (à la fin du repas idéalement, nous ne devrions pas nous sentir complètement rassasiés)
Un estomac plein va demander plus de travail à la rate d’où une sensation de lourdeur et de fatigue possible en fin de repas.

2 MASTICATION
La mastication a 2 buts essentiels : l’imprégnation de salive qui pré digère les aliments (surtout pour l’amidon présent dans les féculents) et le broyage fin qui favorise notamment la libération des enzymes (crudités par exemple).

3 AVOIR FAIM
Et si possible avoir digéré le repas précédent (4 heures se sont écoulées en moyenne)
Il s’agit bien d’une véritable faim et non d’une fringale apparentée à une hypoglycémie ou à une crise de boulimie.
La faim est favorable au processus digestif alors que l’absence de faim au moment de l’ingestion des aliments peut générer une stagnation des aliments avec « chaleur » dans l’estomac.

4 REGULARITE
Simplement parce que l’habitude est reposante alors que l’adaptation est fatigante. Puisque notre organisme est en perpétuelle adaptation, offrons lui quelques moments de repos dans la mesure du possible… (Selon les contraintes de chacun)
Tout dans la nature suit des rythmes : saisons, cycles… les 3 repas par jour à heures fixes (ce qui favorise également l’apparition de la vraie faim) sont généralement adaptés à la plupart des personnes (il existe des exceptions)
Petit Déjeuner à 7h30, déjeuner à 12h30, Dîner à 19h30 avec des collations le matin si le petit déjeuner est pris avant 6h00 et l’après midi si le dîner est pris après 20h30

5 CONCENTRATION
Les odeurs, les saveurs, les couleurs stimulent le cerveau et la digestion. Lorsque je mange, je ne fais que manger. Je peux penser à la digestion, à ce que les aliments vont m’apporter, voire même remercier ma nourriture pour ce qu’elle m’apporte… Je ne fais pas autre chose.

6 L’HUMEUR
L’ambiance du repas est idéalement calme et joyeuse
Toutes les émotions perturbent la digestion : rancœur, colère, stress et aussi les rires exagérés (à éviter au quotidien tout à fait bienvenus lors d’une soirée entre amis)
Et puisque le chant et la musique sont associés à l’élément Terre et donc à Rate/Estomac, une musique douce favorise l’harmonie de ces organes pendant la digestion.
A noter : le stress diminue l’assimilation des nutriments d’au moins 40 %.

7 LE MASSAGE
Massage des points rate estomac, ou simplement massage circulaire dans le sens des aiguilles d’une montre et dans le sens inverse, le soir au coucher par exemple.

8 LA MARCHE
Rappelons que reprendre ses activités intellectuelles ou physiques intenses après le repas ralentit la digestion en détournant l’énergie qui devrait être mobilisée pour elle. En revanche, une marche "digestive" tranquille, à l’extérieur, idéalement dans la nature ou un parc favorise la digestion comme le massage.

9 LE PLAISIR
Manger est un moyen de satisfaire tous nos sens, profitons-en ! Nos sens sont reliés à nos organes, c’est une clé d’équilibre pour notre bien être.

En résumé, une citation de Yang Sheng Lu : "Manger plutôt tôt que tard, lentement que rapidement, peu que beaucoup, la nourriture doit être tiède mais pas chaude, plutôt molle que dure, et salée, mais pas trop salée"

Après avoir pris connaissance du cadre idéal du repas, voici les 10 règles retenues par la diététique chinoise identifiées comme susceptibles d’améliorer la « santé » de la plupart des personnes qui les appliquent. (Des personnalisations en fonction des tempéraments, modes de vie, état de santé et capacités digestives sont toujours nécessaires).
Quelles sont les 10 règles proposées par la diététique chinoise comme clé d’une bonne "santé" ?
1 Suppression du grignotage. A ne pas confondre avec une collation. Il s’agit du non stop alimentaire. Celui-ci entraîne une stagnation des aliments (indigestion ou mal digestion chronique). LA répétition du grignotage risque d’épuiser la rate et de favoriser à la longue la prise de poids, les lourdeurs, l’obésité, les troubles digestifs multiples, des troubles du système respiratoire, les allergies, les maladies métaboliques.

2 Consommer plus de légumes variés et selon la MTC cuits de préférence (selon les capacités digestives) :
On part de l’observation d’un manque de consommation de ces aliments en général.
Les légumes régularisent la glycémie (permettent de se déshabituer du sucre) et sont antioxydants. Plus ils sont colorés plus ils en sont riches (brocolis, betteraves rouges, carottes, courges, chou rouge pour ce qui est de l’hiver…) Ils permettent de prévenir le risque de cancer et favorisent le transit intestinal. Cuits de façon douce, ils sont faciles à digérer et soutiennent le fonctionnement de la rate. Ils apportent beaucoup de Jing : excellente source de vitamines, minéraux, oligo-éléments, enzymes (sous réserve d’une cuisson respectueuse type vapeur douce, étouffée à basse température ou Wok). Des légumes de saison devraient donc être présents à chaque repas.

3 Consommer davantage de céréales et de légumineuses,
On part de l’observation d’un manque de consommation de ces aliments en général.
Catégorie qui correspond à la base de la pyramide alimentaire dans l’approche de la diététique chinoise.
C’est la base de l’alimentation humaine depuis les cultures. Ce groupe d’aliments est un apport idéal de saveur douce en lien avec la rate, et d’énergie (riche en glucides)
Il est conseillé en diététique chinoise de varier du blé en utilisant la quinoa, le riz, le millet, l’orge avec des lentilles, haricots secs, soja, pois chiches, et également des pommes de terre cuites à la vapeur de préférence.

Le blé, l’avoine, l’épeautre et le seigle sont à modérer selon la diététique chinoise de par leur tendance "humidifiante".
Je rappelle que selon les capacités digestives de chacun les céréales seront consommées demi complètes avant d’âtre consommées complètes (peut être jamais ! si les capacités digestives individuelles ne le permettent pas)

Le pain est choisi demi complet (ou complet voir ci-dessus) de qualité biologique au levain à fermentation lente.

4 Supprimer la charcuterie et modérer la consommation de viande, poissons, oeufs
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Si ces aliments sont présents à tous les repas et/ou consommés en trop grandes quantités, ils peuvent se traduire selon les individus par de la chaleur, des douleurs abdominales, un manque d’appétit, des selles molles, des diarrhées, des candidoses, des troubles dermatologiques, des nausées, des leucorrhées…
A noter, au siècle dernier, on consommait en moyenne 20 % de protéines animales, cette moyenne est passée aujourd’hui à 75 %. 10 % de protéines animales seraient suffisant en diététique chinoise.

5 Eviter le plus possible des sucres rapides
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Pâtisseries, sucre blanc, sirop d’érable, miel, jus de fruits, sodas, biscuits, barres chocolatées…. Souvent pris entre les repas. Tous ces aliments de saveur douce en excès fatiguent la rate. De plus, ces aliments sont la plupart du temps dévitalisés ce qui génère des stagnations d’énergie souvent cause de maladies. La consommation de produits sucrés est à réduire.

6 Diminuer fortement la consommation de boissons acides, sucrées alcoolisées et d’aliments très acides.
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Tous les sodas, colas, jus de fruits sont des aliments à la fois sucrés et acides ce qui cause beaucoup d’humidité en médecine chinoise, voire de l’humidité chaleur selon la nature de l’aliment et le consommateur. A la longue, ces aliments sont donc source de déséquilibres et de maladies.
Les tomates, vinaigre, cornichons, câpres, agrumes, vinaigrettes sont à consommer modérément pour éviter de faire stagner l’énergie du foie et entraîner un déséquilibre au niveau de la rate.

7 Réduire les aliments crus et/ou froids
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Il s’agit aussi bien des aliments de nature froide (cf tableaux précédents) que des aliments crus (crudités, fruits, céréales non cuites, viande ou poisson crus, blanc d’œuf cru) ou encore des aliments consommés froids ou très froids (sortant du réfrigérateur ou glacés). Tous ces aliments exigent un fort feu digestif. Ils seront donc à réduire dès apparition des signes de faiblesse digestive, de fatigue ou de frilosité.
Les boissons froides au moment du repas tendent à figer la digestion. Il est plus adapté de boire une tisane voire un verre d’eau chaude (tiède) au moment ou en fin de repas.

8 Eviter l’excès de friture, de graisses animales et d’huile végétale raffinée
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Les huiles raffinées sont des aliments dits dévitalisés, indigestes, mieux vaut consommer des huiles extraites à froid, non raffinées et éviter de les chauffer pour ne pas les oxyder et préserver leurs apports nutritionnels.
La friture donne des graisses oxydées et les graisses animales sont saturées. Ces graisses sont source de problèmes de poids et de maladies cardiovasculaires.

9 Réduire de manière importante les produits laitiers animaux
On part de l’observation d’un excès de consommation de ces aliments en général.
Ces produits sont d’après l’approche de la diététique chinoise particulièrement indigestes. Selon la MTC, ces produits pris en grandes quantités sont sources d’humidité ou de mucosités. Un adage chinois dit « « les maladies étranges ou opiniâtres ont pour origine les mucosités ». Exemple de maladies induites par les mucosités : épilepsie, asthme, Hypertension artérielle, Arrêt vasculaire cérébral, cellulite, obésité… Dans toutes ces pathologies, la Médecine Traditionnelle Chinoise préconise l’arrêt des produits laitiers avec de nettes améliorations. Dans ce cas, il sera prêté attention à la consommation suffisante d’aliments riches en calcium.

10 Boire chaud, en fin de repas, sans excès
Souvent, les personnes profitent du repas pour boire. Elles boivent généralement froid et en trop grandes quantités ce qui nuit à la digestion.
Pour la rate, nous l’avons compris la diététique chinoise invite à éviter l’excès d’humidité. Mais l’estomac déteste la sécheresse. Comme nous l’avions vu lors du précédent exposé, le bol alimentaire se compose d’1/4 de liquides. Ces liquides sont présents par les légumes et une boisson prise en fin de repas, la tisane digestive est idéale, consommée chaude mais non brûlante.
Un repas composé de sandwich ou pizza sera asséchant et chaud et devra nécessairement être complété par une boisson chaude digestive.

L’ensemble de ces principes est à croiser avec la notion de feu digestif. Pour donner une image : Le feu digestif c’est comme si l’estomac était un chaudron dans lequel cuit une soupe digestive. La Rate serait le feu sous le chaudron. Elle assure la cuisson en puisant une partie de son énergie (carburant) dans les Reins.

Comment allons-nous nuancer ?
Par rapport à la journée : La capacité digestive est à son maximum au réveil puis diminue tout au long de la journée.
Par rapport à la saison : La capacité digestive est à son maximum en été et à son minimum en hiver.
Par rapport à la vie : La capacité digestive d’un individu est à son maximum entre 20 et 35 ans, âge où l’énergie de la Rate diminue. Elle diminue progressivement avec un nouveau point de ralentissement à 50 ans, âge où l’énergie des Reins régresse à son tour.
Par rapport à soi : cela nécessite de bien se connaître pour adapter son alimentation à ses capacités personnelles.

Tenir compte de ces éléments et de nos capacités propres nous permettra de ne pas outrepasser nos capacités digestives et selon la MTC de nous maintenir en meilleure forme.

Si ce résumé vous a intéressé(e), vous pouvez aller plus loin en lisant le très bon livre de Philippe Sionneau et Richard Zagorski "La diététique du Tao", éditions Guy Trédaniel.

Souhaitant que cette approche puisse vous apporter un éclairage nouveau vous permettant d’observer peut-être différemment vos habitudes alimentaires…

Je vous souhaite un bon hiver et de bonnes fêtes de fin d’année.